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28 juin, 2009

Kono Yoshinori: rencontre (1)

Classé dans : Aikido,autres budo — Takezo @ 15:02

Partie 1, les premiers mouvements.

 

J’ai eus la chance de participer au stage de Kono Sensei du 10 et 11 mai 2009 à Herblay.

Après le voyage qui fut bien plus facile que celui pour voir Hino sensei, j’arrive au dojo où se déroule le stage de Kono Sensei. Je me change, salut les quelques pratiquants présent l’année dernière pour Hino (il faut dire qu’il n’y avait que peu de visages inconnus).Kono sensei arrive légèrement en retard et débute le stage. Pas d’échauffement, ni de préparation ni mise en bouche. Sensei entre directement dans le vif du sujet.
Kono Yoshinori: rencontre (1) dans Aikido stage3j

 


Il commence par un petit exercice à deux. Kono cherche un partenaire pour démontrer et grâce à Léo Tamaki, j’ai la chance d’être choisi comme premier « uke » du week end.

Évidement j’en fut très heureux pour deux raisons: l’une est l’honneur d’entrer en contact avec ce grand maître si simplement et l’autre est le plaisir que Léo me recommande ou même se rappelle de moi (il semble avoir une excellente mémoire des personnes et un contact humain facile ce qui fait de lui un interlocuteur de très grand qualité et certainement une personnalité toute choisie pour le journalisme).


Petite parenthèse dans « le sens de l’espace au japon », il apparaît que dans la culture japonaise une importance toute particulière est accordée au « lien »- « intervalle »- « intermédiaire » qui assure la rencontre entre deux espaces/personnes/entités… . Par exemple (bien trivial) dans l’arrangement d’une rencontre pour un mariage il semblerait que « l’entremetteur » soit de première importance car assurant par sa qualité une union heureuse. De même qu’un silence peut donner tout sa beauté à une mélodie, que la qualité de l’écriture de Yasunari Kawabata se trouve dans l’univers qu’il glisse entre les mots même ou la série de « palier » (ou d’espaces intermédiaires » qui compose la richesse de l’architecture traditionnelle japonaise et des rituels culturels que cela engendre.

 

stage2f dans autres budoCela pour remercier Léo qui est le soupir dans la mélodie de mes rencontres martiale.

Mais ce sujet reviendra car il est applicable à tout un tas de domaine. Il est d’ailleurs illustré dans le livre par un petit passage sur l’aïkido (ou comment un « non-pratiquant » peu mieux comprendre l’aïkido que la majorité des occidentaux/ou occidentalisés…).


Voici donc le premier exercice et ce que je pense en avoir retenu.

uke tente de tenir une position figé simple.exercice1

Il bloque ses bras, Viens avec un (avant-)bras par dessus l’avant bras et tente de l’amener au sol par pression vertical. Voici l’attitude de tori:

  • sans tension musculaire ,
  • La main: descend le bras en passant de la position paume vers l’extérieur en la tournant vers l’intérieur.-bras: pas de tension musculaire ( bloquer son bras par la tension musculaire, peut, dans le cas d’une première approche permettre de se concentrer sur les appuis mais doit être bannis lorsque la pratique avance)
  • épaule: « basse » on essai de ne pas rompre le lien qu’elle forme avec le dos.
  • pas de jeu avec l’équilibre de l’uke, ici la recherche est « égoïste » et il n’est pas question de chercher le déséquilibre de uke, ni son centre, ni sortir de son centre, ni son ki ,ni rien., le mouvement doit être irrésistible sans être brusque et fonctionner quel que soit la résistance d’uke, sa position, sa taille, l’utilisation de ses deux bras pour tenir, etc…
  • enfin , les pieds (et les jambes) doivent « se dérober » sous tori. Pas de saut, ni de mollesse, les appuis disparaissent .Mais cela ne suffit pas, le défaut est souvent d’enlever le corps mais de laisser le bras. Si la gestuelle est d’enlever les pied (sur place), l’impression est celle de couper un fil tenant tout le poids du corps pour laisser tout le poids peser sur un point.

La « technique n’est pas douloureuse, mais le point de contact des deux avant bras (il n’y a pour cet exercice précis normalement à cet endroit qu’une faible épaisseur (de la peau, quelques veines et nerfs et le début du muscle de l’avant bras)) est fortement écrasée, la seule sensation restante et uniquement l’écrasement de la peau contre l’os… L’exécution de cette technique nécessite l’utilisation de tout le corps pour fonctionner parfaitement. On peut procéder par étapes et même constater quelques progrès assez rapidement. De plus cette « forme » d’appuis est applicable à de nombreuses techniques.


stage1sar

Après quelques essais, nous passons au deuxième « exercice »

Toujours deux partenaires, l’un est allongé (nous l’appellerons Uke) sur le dos et l’autre (Tori)

En seisa (à genoux) à son coté. Le but est d’aider uke à se mettre en position assise. Ici Uke ne fait rien et se détend. Tori place sa main sous le cou d’uke et le soulève en poussant son cou vers le haut.

exercice2

L’attitude habituelle dans ce genre de situation est de coller sa paume contre le cou de uke et forcer un peu. Ce n’est pas vraiment efficace et même un peu douloureux pour celui qui est soulevé.

Ici Kono sensei montre que si l’on place sa main paume vers le sol et donc qu’on soulève uke avec le dos de la main (ou le dessus du poignet, voir le début de l’avant bras), la tache est bien plus facile.

Pour optimiser le geste ou n’oublie pas de sentir le lien entre le bras et le dos (l’épaule basse et « creusée » et l’on tourne le corps et la tête en accompagnant la levée d’Uke.


L’application la plus logique à cet exercice me semble être le cas d’un soignant relevant une personne âgée ou ayant des problèmes de mobilité. L’action est donc une aide et doit être agréable pour uke. Mais ce jour, beaucoup de personnes âgées seraient morte (la nuque brisée) si elle s’étaient trouvés sur le tatami.

En effet le problème avec ce genre de stage « martial » se trouve dans le fait que de nombreux pratiquants adoptent dès la montée sur le tatami une « attitude martiale » proche de celle du bouquetin (ou mouflon) en rut et inhibe toute trace de délicatesse présente dans leur organisme.

 

bd1i

Cet exercice fut la mise en scène de la brutalité égocentrique si propre à l’humanité. (j’exagère)

Même si la sensation d’efficacité est facile à ressentir dans cet exercice, cela n’a pas empêché certains de prouver leur force. L’exercice est pensé à des fins thérapeutiques. Il n’est donc pas nécessaire d’être brusque pour le réaliser. La portée martiale se trouve dans la découverte de l’utilisation différente du corps pour n’importe quel mouvement et pas dans la douleur qu’un bon à-coup bien sec dans la nuque peut engendrer.


Kono sensei montra ensuite une série de mouvements, seul, dont le but formel est d’amener les mains d’un point A à un point B. On peut ensuite les interpréter comme coup, techniques à part entière, ou mouvements quotidiens ou application à toute autre pratique. Il ne montra ces mouvements qu’un bref moment mais cela avait pourtant une immense valeur. Ces mouvements sont simples est terriblement « logiques », « justes » ou « naturels ».Ma réflexion fut: « pourquoi ai-je oublié cela ? »

L’oubli est tellement profond que je suis aujourd’hui incapable de restituer tous les mouvements montré. Mais la démarche m’est restée (un peu…).

Il s’agit non pas de chercher à utiliser nos muscles de façon la plus adaptée à leur morphologie respective, comme dans une salle de musculation. Dans cette dernière, chaque exercice est pensé pour utiliser la puissance musculaire de façon optimale et la travailler pour former un ensemble cohérent visuellement et adapté à une pratique spéciale.

Ici l’abandon des préjugés physiologiques et le « silence musculaire » permet de trouver des mouvements naturels pour l’ensemble de corps. Ici le but est le mouvements du bras mais le sujet est le corps entier.


Voici un petit pense bête.

La recherche de mouvement plus juste pour le corps:

  • ne pas briser le lien entre les bras et le dos via les épaules.
  • ne pas chercher la position optimale pour utiliser ses muscles, mais une structure squelettique permettant un jeu de poids utilisant tout le corps.
  • Les tensions musculaires doivent être réduites au maximum lors de la recherche du mouvement.
  • Ne pas avoir de préjugé, ne pas bannir un mouvement même si son utilisation logique n’est pas évidente.

Voila je termine ainsi cette première partie .

Je m’excuse d’avoir mis tant de temps pour l’écrire, et espère écrire la suite au plus vite.

 

4 commentaires »

  1. Tamaki Léo

    Bel article Matthieu. J’ai beaucoup ri avec le passage sur le relevé de uke ;-)

    Bonne pratique à toi et à bientôt pour une autre Master Class j’espère.

    Amicalement,

    Léo

    Commentaire by Tamaki Léo — 6 juillet, 2009 @ 20:33

  2. Takezo

    Merci Léo

    Bon stage(s) d’été à toi, pour ma part cette année sera sans puisque j’économise pour une prochaine Master Class!!

    amicalement,

    Matthieu

    Commentaire by Takezo — 7 juillet, 2009 @ 8:31

  3. paul espanol

    Bonjour ,
    Je suis un pratiquant d’aikido sur Marseille..
    Pouvez vous me signaler les prochains stages de yoshinori Kono en France ?
    D’autre part , savez vous si il a pratiquer avec Hikisutchi Sensei ?
    Sinon , bravo pour vos commentaires très justes sur l’attitude d’une bonne partie des Aikidokas..

    Commentaire by paul espanol — 19 avril, 2011 @ 22:22

  4. Takezo

    Bonjour paul,
    désolé du retard… je n’ai jamais rencontré Hikisutchi Sensei.
    Pour les stages de KONO sensei, je te conseille de suivre le blog de Léo Tamaki (l’organisateur), qui maintient à jours les dates de venue des senseis Akuzawa, Hino et Kono.

    Merci pour ton passage et le commentaire,

    a bientot

    Takezo

    Commentaire by Takezo — 24 avril, 2011 @ 9:00

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